En chemin, Edouard et Mathilde Cortès

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UN CHEMIN DE PROMESSES - XO Editions

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En marchant et demandant le gîte et le couvert, Mathilde et Édouard Cortès se sont donné la main pendant 6 000 km. Jeunes mariés, ils ont fait le pari que l’amour et la confiance leur feraient vaincre tous les obstacles.

Paris, 17 juin 2007, Mathilde et Édouard partent en voyage de noces… à pied. Ils ont en tête le rêve fou de rallier Jérusalem, sans un sou en poche, dans une volonté de dépouillement, à la manière des pèlerins du
Moyen Âge. Leurs besaces sont légères pour permettre à leurs pensées de s’envoler. Des Alpes aux forêts des Balkans, des steppes d’Asie Mineure aux eaux du Jourdain, Édouard et Mathilde cheminent à travers quatorze pays, gravissant des montagnes, traversant des régions en guerre, franchissant des zones désertiques, dormant à la belle étoile… Dans ce grand trek, des étapes aux noms mythiques : Vézelay, Vérone, Mostar, Istanbul, Alep, Damas. Découvrir les autres, ils y sont forcés pour survivre, puisqu’il faut, chaque jour, trouver celui qui leur offrira de quoi se nourrir. Du forestier jurassien au berger croate, de la fillette serbe du Kosovo au diamantaire turc, du derviche de Cappadoce à l’espion syrien, les rencontres sont belles, enrichissantes, souvent étonnantes… même si certaines leur réservent de bien mauvaises surprises. Dans l’adversité, Mathilde et Édouard apprennent à mieux se connaître et à s’aimer malgré leurs faiblesses.

Les deux jeunes gens forcent leurs limites pour atteindre leur but. Le récit de leurs huit mois de rencontres, de solitude, de faim souvent, de peur parfois, constitue une extraordinaire et authentique aventure humaine et intérieure.

Mathilde et Édouard Cortès ont 28 ans et se sont mariés en juin 2007. Journaliste, reporter d’images, Édouard a déjà publié plusieurs livres et réalisé des films sur ses aventures. Mathilde a été volontaire de solidarité interna!onale pendant deux ans au Cameroun avant d’être chargée de mission dans une ONG à Paris. Ils attendent leur premier enfant.

LIRE UN EXTRAIT

UN CHEMIN DE PROMESSES. 6 000 km à pied et sans argent, de Paris à Jérusalem.
Une aventure à la rencontre des autres et d'eux-mêmes. XO Editions. Novembre 2008
Photos: © Virginie Clavières / Mathilde et Edouard Cortès

LIRE ET ACHETER CE LIVRE

LES PHOTOS DE PARIS JERUSALEM

LA VIDEO DE PARIS JERUSALEM

Téléchargement COUV_4EME_UN_CHEMIN_DE_PROMESSES_CORTES_XO_EDITIONS.PDF

31 janvier 2011 dans 1 Paris Jérusalem, voyage de noces, Actualité, Livres | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)

EN PRIME TIME SUR FRANCE 5 à 20H

France 5 diffuse cette semaine, du lundi 31 janvier au vendredi 4 février 2011, la série  "Paris-Jérusalem 6000 km à pied".

Lundi 31 janvier à 20H : Les premiers pas

Mardi 1 février à 20H : L'Estomac dans les talons

Mercredi 2 févier à 20H: La peur du loup

Jeudi 3 févier à 20H : Un pied en Orient

Vendredi 4 février à 20H : La Terre promise

 

29 janvier 2011 dans Films, 1 Paris Jérusalem, voyage de noces, Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Prix pour le film

La version intégrale et inédite du film « Paris-Jérusalem, 6000 km à pied » a reçu le Prix du jeune réalisateur au Festival International du Film d’Aventure de Dijon (2009). Ce film a aussi reçu le Prix du public au Festival du Film d’Aventure de la Réunion (2008), le Prix « Un regard sur le monde » au Festival du film d’exploration et d’environnement de Toulon (2008) et le Grand Prix du Festival du Film d'Aventure de La Rochelle (2009).

 


Les écrans de l'aventure de Dijon 2009
envoyé par guilde_e. - Découvrez de nouvelles destinations en vidéo.

 Le jury du festival était composé d’Olivier Föllmi, photographe et président du jury, Antoine de Clermont-Tonnerre, produteur (Mact Production) et président d’Unifrance, Babeth Leprince, productrice (Migoo Productions), Didier Parmentier, réalisateur, Michaël Pitiot, réalisateur, Jeanne Mascolo, réalisatrice, et Daniel Du Lac, champion du monde d’escalade.

Logo_france5_2008 Cette version du film reprend en 85 minutes la totalité du périple. Elle sera diffusée sur France 5 le jour de Noël, 25 décembre 2009 à 16h.

26 octobre 2009 dans Films, 1 Paris Jérusalem, voyage de noces, Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Diffusion de nos films sur France 5

France 5 diffuse, à partir du 02 août 2009, chaque dimanche après midi, un volet de la série documentaire "Paris-Jérusalem 6000 km à pied". 

Dimanche 02 août 2009 à 13 heures 10 : Les premiers pas

Dimanche 9 à 13 heures 10 : L'Estomac dans les talons

Dimanche 16 à 13 heures 10 : La peur du loup

Dimanche 23 à 13 heures 10 : Un pied en Orient

Dimanche 30 à 13 heures 10 : La Terre promise

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DURÉE 5 X 26' 
RÉALISATEURS MATHILDE ET EDOUARD CORTÈS, FRÉDÉRIC REAU 
PRODUCTION GÉDÉON PROGRAMMES

Voir un EXTRAIT

19 juillet 2009 dans 1 Paris Jérusalem, voyage de noces, Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | TrackBack (0)

PROJECTIONS ET CONFERENCES A PARIS

Jeudi 05 mars 2009 à 20 heures 30

Conférences « Regards de voyageurs »

Avec Les Editions Transboréal et l’association ABM (Aventure au bout du Monde)

Un chemin de promesses : à pied de Paris à Jérusalem par Mathilde et Édouard Cortès
( projection films, 2 x 26 mn)

Lieu: FIAP (salle Bruxelles) – 30, rue Cabanis – 75014 Paris 
Entrée : 6 € (4 € pour les membres d’ABM ou du club Instants Nature)

IMG_1483

Samedi 4 avril à 16H30

Journée spéciale "Voyage à pied". Projections Culture-Aventure

16h30. Paris-Jérusalem : 6000 km à pied. (films, 2 x 26 mn) par Edouard Cortès

20h30. Qhapaq Ñan, La Voix des Andes (film, 80 mn) par Aurélia Frey et Sébastien Jallade

Lieu : Maison des Mines, 270 rue Saint Jacques, Paris 5. Accès : RER : Luxembourg  Métro Censier Daubenton (Ligne 7). Tarif : 5,50 € /projection. 14 € /3 projections.

02 mars 2009 dans 1 Paris Jérusalem, voyage de noces, Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

LE DVD PARIS JERUSALEM VIENT DE SORTIR

Retrouvez tous nos films dans ce DVD. 
 7 épisodes (de 26 minutes chacun) qui retracent nos 232 jours de marche.

DVD Paris-Jerusalem
Téléchargement DVD_PARIS_JERUSALEM_CORTES 

Réalisateur(s): Edouard Mathilde Cortès et Frédéric Réau.
Diffusion: France 5 / Voyage
Durée: 7x 26 minutes
Editeur: GEDEON Programmes

Achetez ce DVD en ligne chez:
BAC Boutique
FNAC

Amazon




20 février 2009 dans Films, 1 Paris Jérusalem, voyage de noces, Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Questions fréquentes sur les films Paris Jérusalem

Une équipe de tournage vous a-t-elle rejoint durant votre marche pour vous filmer ?

Il aurait été malvenu d’accueillir une troisième personne dans notre voyage de noces ! Nous avons nous-mêmes filmé toutes les images. Au total, 91 heures de film en 8 mois de marche. Nous avions un petit pied pour poser la caméra ou l’appareil photo. Pour les séquences où l’on nous voit à deux à l’image, la caméra était posée sur pied ou au sol et nous avons fait un aller-retour pour la récupérer. Mathilde, en riant, se plaignait d’ailleurs souvent de devoir faire ainsi des kilomètres en plus. Pour les images où on nous voit à deux, Edouard filme aussi de temps à autre en tenant la caméra à bout de bras. Nous avons également prêté parfois notre caméra, par exemple dans des familles où nous étions reçus ou bien au départ de notre périple à Notre-Dame de Paris.

Quel type de matériel avez-vous emporté ?

Une petite caméra haute définition (Canon HV20 avec des cassettes mini DV) sur laquelle nous avions ajouté un grand angle et un micro externe. Le tout pesait 800 grammes. Le matériel devait être assez petit pour que nous l’ayons en permanence dans une pochette au côté. Ainsi nous pouvions sortir la caméra très rapidement et saisir par exemple des scènes de rencontre dès leur début.


Quels sont les avantages et les contraintes de ce matériel dans une expédition légère ?

Côté avantage : faible poids et peu d’encombrement. Les contraintes sont celles de toute expédition à pied avec peu de moyens : risque de tomber en panne de batterie ou de cassettes, d’endommager le matériel. Nous avons ainsi cassé la fixation du micro en faisant tomber la caméra. On a du le scotcher au-dessus du moteur d’où un ronronnement parasite à l’enregistrement. Une autre contrainte est technique : la qualité des images du fait de la mise au point et du diaphragme non réglables en manuel n’est pas toujours excellente (basse lumière). Nous sommes cependant heureux de la qualité du résultat grâce à la haute définition avec un rendu de couleur et une définition broadcast (diffusion Voyage, France 5).

Avez-vous pris des conseils auprès de professionnels avant le départ ?

Le producteur nous a donné quelques conseils d’un point de vue de la réalisation. Au niveau du tournage, Edouard a une formation de reporter-caméraman. Il a le réflexe de sortir la caméra dans les moments cruciaux même les plus difficiles.

Comment avez-vous stocké les images ?

Pour limiter le poids, nous avons supprimé les boîtes des cassettes que nous avons mises dans une pochette étanche. Nous avions toujours entre 20 et 30 cassettes avec nous. Pour le reste, nous avions prévu quatre étapes logistiques à Mostar, Istanbul, Alep et Damas chez des amis où nous avions envoyé à l’avance des cassettes vierges et nos cartes routières. Nous leur avons laissé les cassettes filmées qu’ils ont renvoyées en France.

Comment avez-vous rechargé les batteries ?

On avait deux batteries de rechange et un chargeur. On rechargeait dès que possible lors des accueils. La batterie de notre appareil photo pouvait dépanner la caméra mais nous sommes tout de même tombé régulièrement en panne… ce qui a permis de ne pas filmer trop de disputes de couple!

Pour être tous les deux sur l’image, avez-vous fait beaucoup d’images sur pied ?

Nous avons filmé en tout 91 heures. Sur beaucoup, nous sommes à deux à l’image : on pose la caméra à terre ou sur un pied ce qui vaut un aller-retour. Mathilde ne supportait pas de tourner le dos à la direction à suivre. Jérusalem à ce rythme était deux fois plus loin !

Comment s’est opéré les choix de séquences à tourner ou non ?

Parfois de manière subjective : devant tel ou tel paysage, avec telle ou telle personne avec qui la relation se tissait bien. Mais pour montrer au mieux la réalité du voyage, nous avons voulu filmer au maximum notre quotidien : la marche, la recherche de nourriture ou d’un toit, les accueils, les refus, les disputes, les coups durs, etc. Tourner des images lors d’une expédition est une contrainte supplémentaire à celle de l’effort physique et psychologique. Certains jours, il en coûte particulièrement de sortir la caméra. Mais sans cet effort les films d’aventures n’existeraient pas !


Comment parvenir à filmer les rencontres, les gens qui vous accueillent sans que la caméra soit un obstacle à la rencontre, une intruse ?

C’est là tout l’avantage d’une si petite caméra. Elle tient dans la main et on peut facilement la porter discrètement au côté tout en discutant avec les gens et en pouvant les regarder dans les yeux comme si la caméra n’était pas là. La plupart des personnes qui nous ont accueillis ont bien accepté la caméra, s’apercevant à peine de sa présence et restant donc naturels. Bien souvent nous confions aussi la caméra à nos hôtes ou à leurs enfants pour qu’ils se l’approprient. La caméra devient alors un jeu pour tous.


Avez-vous participé au montage ? Si oui comment ? Si non pourquoi ?

Le producteur, Gédéon Programmes, a confié nos rushs à Frédéric Réau, monteur-réalisateur. Cela nous a d’abord paru difficile de confier nos images à un tiers sans savoir ce qu’il en sortirait. Nous avons travaillé en bonne collaboration avec lui en visionnant régulièrement l’avancée de son travail, rectifier si besoin, selectionner certains plans ou séquences,etc. L’œil extérieur de la productrice Carine Nonnenmacher et de Frédéric a été bénéfique pour prendre le recul que nous n’avions pas, trop remplis par l’émotion du voyage. Ce regard extérieur est indispensable.

Comment avez-vous articulé ce récit pour qu’il ne soit pas un simple journal de bord ?

Le choix des séquences tournées est une première forme de réalisation. Nous avons préféré tourner puis conserver au montage les séquences qui donnaient de l’intensité à une marche au long cours, souvent répétitive. Par exemple les rencontres ont été davantage tournées plutôt que la lenteur des pas, la vie de couple plutôt que nos histoires personnelles, la vie en pleine nature plutôt que l’univers cidatin. La limite d’un film est de n’être qu’une image.

Le résultat autant que la complexité de faire un film lors d’une aventure vous encourage t-il à renouveler l’expérience ?

L’aventure ne se filme pas, elle se vit. Un film d’aventure ne se regarde pas, il se vit. Avec ces deux maximes en poche de nombreux périples sont possibles. Nous serons du voyage !

 

 

 

20 février 2009 dans 1 Questions fréquentes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

Sur notre marche de Paris à Jérusalem

1. Racontez-nous le point de départ de votre aventure.

 Notre amour et un rêve. Nous voulions faire quelque chose de fort ensemble au début de notre mariage. Nous avions tous les deux déjà voyagé. Edouard avait déjà réalisé des voyages d’aventure. Mathilde avait eu des expériences humanitaires en Inde et en Afrique, dont deux ans au Cameroun. Avec ce projet, nous avons concilié nos attentes et nos désirs personnels. Un voyage de noces unique et sur mesure.

 2. Décrivez-nous brièvement votre itinéraire

 Des Alpes aux forêts des Balkans, des steppes d’Asie Mineure aux eaux du Jourdain, nous avons traversé quatorze pays durant ces 232 jours de voyage : France, Suisse, Italie, Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Montétégro, Serbie/Kosovo, Macédoine, Bulgarie, Turquie, Syrie, Jordanie, Israël/Territoires palestiniens.

 3. Vous rendiez-vous alors compte du danger et des épreuves qui vous attendaient ?

 Nous savions que ce ne serait pas toujours facile physiquement ni psychologiquement. Mais nous avions dans la préparation mis toutes les chances de notre côté. La prise de risques était à notre mesure. Ensuite, comme dans tout voyage d’aventure, l’imprévu fait partie du quotidien. C’est aussi ce qui est exaltant.

Ce voyage a été au-delà de nos espérances pour meilleur et parfois pour le pire. A pied, sans argent, sans téléphone, on est vulnérable. Tout nous atteint de manière plus forte : la pluie semble plus froide, le vent plus violent… Nous n’étions à l’abri de rien. Nous avions besoin des autres. Et ce n’est pas facile, dans une société où les rapports sont marchands, de demander du pain, de l’eau, un abri.

 4. Que vouliez-vous vous prouver ?

 Partir à pied, sans sécurités, sans argent, avec de petits sacs à dos, c’était une sorte de défi lancé à nous-mêmes et peut-être aussi plus inconsciemment à notre société de consommation. Nous avons choisi de nous mettre volontairement dans une situation de dénuement pour lâcher nos sécurités, faire tomber les masques, voir le monde sans préjugés et donner du sens à nos vies. Apprendre à distinguer l’être et l’avoir.

Nous avons choisi d’aller à Jérusalem, la Ville Sainte car elle avait du sens à nos yeux. Et nous l’avons fait à la manière des pèlerins du Moyen Age qui allaient à St Jacques, Rome ou Jérusalem ou comme les moines bouddhistes qui vont à Lhassa. Sans argent, cela implique qu’on s’est remis aussi à la Providence. C’est un acte de confiance. Nous croyons tous les deux en Dieu. C’est quelque chose d’important dans nos vies. Nous voulions que cette dimension spirituelle de notre personne ne soit pas mise à l’écart.

 5. Comment vous y preniez-vous lorsque vous entriez dans des pays dont la langue vous était complètement inconnue ?

 Les vraies difficultés de langage sont survenues dans les Balkans avec le serbo-croate. Nous n’avions pas de dictionnaire mais nous avons toujours fini par trouver une personne parlant français, anglais ou allemand qui nous donnait un lexique de base en serbo-croate, bulgare, turc, arabe avec lequel nous pouvions nous débrouiller. Notre chance a été de passer de longues périodes dans les zones linguistiques ce qui nous a permis de « progresser » assez vite : 1,5 mois dans les Balkans avec le serbo-croate, 2 mois en Turquie.

 6. Si vous ne deviez retenir qu’une journée, ça serait laquelle ?

 Le départ. C’est l’acte le plus difficile et en même temps le plus libérateur. C’était le 17 juin 2007 sur le parvis de Notre Dame à Paris, au kilomètre zéro, entourés de nos familles et amis.

 7. Qu’une nuit ?

 Chez Talip dans une famille turque au fond de l’Anatolie. Après une soirée joyeuse et animée par les rires des parents et des 4 enfants, nous avons dormi tous dans la même pièce, comme pour continuer dans le sommeil d’approfondir les liens d’amitié qui venaient de se créer. 

 8. Qu’une personne ?

 Sami, Albanais du Kosovo de 72 ans, francophone. Il nous a accueillis chez lui en plein ramadan pour un dîner et une nuit et le lendemain nous a déclaré : « Je vous accompagne ! ». Il a marché avec nous toute la journée. 35 km dans ses chaussures vernies trop neuves qu’il a échangées avec Edouard pour finir l’étape. Le soir, il nous a conduit jusqu’à chez sa nièce à Skopje pour passer la nuit. C’est la première fois que quelqu’un marchait une journée entière avec nous pour nous conduire chez quelqu’un qui nous accueillerait le soir.

 9. Qu’un repas ?

Un jour, dans la plaine du Pô en Italie, nous avons essuyé 15 refus de suite alors que nous demandions un morceau de pain. Un prêtre nous a même dit du haut de sa fenêtre « J’ai bien 5 petits pains mais si je vous les donne, ça va me manquer ». Le soir, épuisés, nous avons encore demandé du pain à une jeune femme qui fumait devant le pas de sa porte. Sans rien dire, elle est rentrée chez elle et est ressorti avec un sac : 5 petits pains et une tranche de jambon…

 10. Qu’un paysage ?

 La Cappadoce au cœur de la Turquie avec ses étonnantes cheminées de fée, forgées par l’érosion dans le tuf volcanique. Magique.

 11. Qu’un lieu ?

 Jérusalem, l’aboutissement d’un rêve. 

 12. Quel a été au contraire le moment le plus difficile physiquement d’une part et psychologiquement d’autre part ?

 Physiquement, ce n’est pas rare que nous n’ayons rien mangé pendant 36 heures, même 49 heures une fois. Et il fallait tout de même marcher! Pour tous les deux, le plus dur n’a pas été d’avoir faim ou froid mais d’être rejetés. Pour Mathilde, un des pires souvenirs est l’agression qu’on a subie à l’entrée de la Turquie. Il lui a fallu plusieurs semaines pour retrouver courage. Pour Edouard, ce fut ces enfants en Syrie qui nous ont jetés sans raison apparente des pierres. C’était la 5ème fois en Syrie.

 13. Qui a motivé l’autre dans les moments difficiles ?

 Tantôt l’un, tantôt l’autre. C’est la force d’être à deux ! Rarement, nous avons été découragés tous les deux ensemble. Il y en avait toujours un pour porter l’autre.

 14. En quoi partir tous les deux vous a été bénéfique ? Seul, ou accompagné de quelqu’un d’autre, vous l’auriez fait ?

 C’est un projet qu’on aurait pu avoir chacun de notre côté mais il était fortement lié à la construction de notre amour, à notre histoire de couple. Edouard l’aurait peut-être fait seul... mais pas Mathilde!

 15. Y-a-t-il eu des disputes entre vous ? A quel sujet ?

 Des disputes, bien sûr ! Comme dans tout couple « normal » dirions-nous. Et comme pour tout le monde, souvent pour des bêtises : « tu as mal orienté ta carte ; on s’est trompé de chemin », « tu ne te lèves jamais assez tôt le matin » « tu te lèves toujours trop tôt le matin »… Avec un autre aspect qui rendait la vie de couple plus extrême : 24h sur 24 ensemble, sans échappatoire possible et ce pendant 8 mois ! D’où la nécessité qui est devenue toujours plus urgente de se pardonner, se demander pardon pour les mots dits de travers, trop vite, sous le coup de la fatigue ou de la faim. Une belle expérience pour un couple. Décapante et formatrice.

16. Quelle a été la réaction de votre entourage face à votre idée de parcourir 6000 Km à pied pour votre voyage de noces ?

 Surprise, incompréhension, inquiétude, envie... Les sceptiques chuchotaient à notre départ : « Ils vont se séparer avant d’arriver », « il fallait partir avant le mariage, pour voir si le couple résiste ». Ce qui nous a fait marcher c’est de nous être engagés l’un envers l’autre. Nous avions un projet commun, celui d’atteindre Jérusalem. Ce qui nous fait progresser, c’est que nous voulons nous aimer.

 17. Donniez-vous des nouvelles à votre famille et amis de temps à autre ?

 Autant que possible mais pas souvent. Nous n’avions ni téléphone, ni internet. Nous parvenions à donner des nouvelles en fonction des accueils et grâce aussi à un code international de France Telecom qui ne fonctionnait malheureusement que pour un tiers du trajet. Mais nous avions prévu 4 étapes logistiques à Mostar, Istanbul, Alep et Damas chez des amis où nous avons pu donner des nouvelles. Cette rupture avec nos sécurités « affectives » était aussi un des dépouillements que nous avions choisi de vivre.

 18. Le bon rythme de marche pour vous, qu'est-ce que c'est ?

 Pas trop rapide pour ne pas être exténué, pas trop lent pour sentir son corps dans l’effort. L’effort participe à l’harmonie qui peut se dégager pour un pèlerin. Le bon rythme est celui qui favorise la musique intérieure de l’âme.


19. Pour vous, personnellement, quels effets la marche a-t-elle eu sur le plan physique, psychique et spirituel ?

 Il est difficile de disséquer le cœur, le corps et l’âme d’un pèlerin. Ces trois dimensions sont intimement liées. La marche a le pouvoir guérisseur de les unifier.

Sur le plan physique, on sent d’abord vivre son corps dans l’effort et l’endurance. On pousse parfois ses limites physiques. Le rythme lent et naturel de la marche nous ouvre au monde qui nous entoure. On a le temps de le découvrir car, même en marchant vite, on ne va jamais plus de 6 km/h. Tous les sens sont en éveil grâce à la proximité avec la nature, la modification de la notion du temps et de l’espace. On est à l’ecoute.

Sur le plan psychique, on découvre que la force du marcheur sont sa volonté et sa persévérance. On peut pousser ses limites et expérimenter qu’il y a toujours une part de possible en l’homme. Cette meilleure connaissance de soi donne aussi confiance en soi, en ses capacités.

Sur le plan spirituel, rares et précieux sont les moments où l’on se sent en parfaite harmonie avec le ciel. Pourtant la marche ouvre le cœur à la prière. Les pas même peuvent être offerts. Le rythme de la marche favorise la méditation. Partir marcher nécessite une certaine prise de risque. On a toujours des appréhensions et des peurs sur le parcours qui s’ouvre devant nous. Pourtant au fil des jours, on apprend à lâcher prise, à faire confiance à Dieu.

20. Quand on marche des jours et des jours, y a-t-il des étapes qu'on franchit ?

Sur le plan physique, on s’aguerrit. Au fur et à mesure, les courbatures et les ampoules disparaissent et on peut faire de longues étapes sans fatigue excessive. Les sens s’affinent de plus en plus. La capacité d’émerveillement devant les paysages ou les personnes rencontrés en est plus forte.

Quand le physique va bien, on a une capacité à prendre un certain recul face à l’avancée kilométrique. La tentation du départ est en effet de compter ses pas, ses kilomètres, ses jours, ses moyennes. Elle s’estompe pour laisser place à une autre dimension du temps et de l’espace. Le soleil devient alors plus utile que la montre, le relief, les rencontres et le paysage plus importants que l’étape à accomplir.

 21. Racontez-nous votre arrivée à Jérusalem, comment vous sentiez-vous à cet instant ?

A l’arrivée, c’était un sentiment de joie, très intérieur et profond. Comme une sorte de plénitude. Celle du rêve réalisé. Nous avons longtemps regardé en silence Jérusalem qui s’étendait devant nous. Il y a eu aussi un sentiment de soulagement : celui de mettre fin à notre vulnérabilité. Et puis il y a eu tout de suite le souvenir de toutes les personnes rencontrées sans qui ce chemin n’aurait pas été possible.

22. Passez-vous toutes vos vacances de cette manière ou vous appréciez également des vacances farniente : hôtel, piscine ?

Oui, cela nous arrive et nous apprécions le confort peut-être d’autant mieux que nous nous en sommes privés. Mais nous aimons surtout partir comme cela à la découverte, à l’aventure, se laisser saisir par le voyage et les personnes rencontrées de la manière la plus authentique possible.

23. Quels sont vos projets futurs ? 

Des projets de famille d’abord : nous avons deux petites filles et espérons qu’il y aura d’autres enfants. Et pourquoi pas repartir un jour pour une grande aventure en famille. Il y a des projets qui ne sont pour le moment qu’à l’état de rêves…

 24. Que faites-vous dans la vie ?

 Edouard est journaliste, auteur et réalisateur indépendant. Mathilde est chargée de mission dans une ONG de solidarité internationale.

25. Y a-t-il  Mathilde & Edouard Cortès AVANT Jérusalem, & après ? En quoi avez-vous changé et qu’avez-vous appris l’un de le l’autre ?

Quand on est deux, rien ne résiste à la route, aucun masque. Fatigues, paresses, orgueils,… c’est peine perdue de vouloir les cacher. Nous avons essayé de faire un travail de vérité sur chacun de nous et d’accepter l’autre tel qu’il est. Nous avons surtout appris que l’amour n’est pas qu’un sentiment. Nous vivons aujourd’hui d’un amour que nous voulons construire tous les jours, comme sur la route, dans les larmes ou en chantant.

Nous avons le sentiment d’avoir vécu quelque chose de très précieux dont nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences. Nos pas ont démontré, parfois aux grands cris de nos ventres, que l’on peut vivre de peu sans être malheureux. On n’est pas que quand on possède. Nous avons aimé nous retirer pour quelques mois du prêt-à-porter et du prêt-à penser. Nous faisons désormais plus attention à notre « ligne intérieure » et nous apprécions d’autant mieux d’avoir un toit quand il pleut et une douche chaude à disposition. Si ce voyage a ébranlé nos certitudes, il a diminué nos doutes. Pas à pas, nous avons expérimenté que nous ne vivons pas seulement de pain, que nous ne sommes pas que des êtres de chair. Cette marche a réveillé en nous une musique intérieure, le chant de l’âme. Et elle nous a appris à avancer dans la vie avec plus de confiance.

Pour en savoir plus : www.enchemin.org

Livre « Un chemin de promesses » 6000 km à pied vers Jérusalem. Par Edouard et Mathilde Cortès. XO Editions.

19 février 2009 dans 1 Questions fréquentes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

France Info - Les Aventuriers - avec Régis Picart - le 10 01 2008

A pied et sans argent

RÉGIS PICART - 10 JANVIER 2009 - 2 minutes - DIFFUSIONS à 13h21, 16h42, 20h51, 22h42 et 00h12


Pour réécoutez la chronique:
Téléchargement FRANCE INFO Les aventuriers avec Régis Picard -CORTES 10.01.2009

France_Info_Un_chemin_de_Promesses_Cortes


Ou bien directement sur le site de FRANCE INFO

"Pour leur voyage de noce, il y en a qui partent se dorer la pilule aux Maldives ou aux Seychelles. Mathilde et Edouard Cortès, eux, sont partis à Jérusalem. Mais ce n’est pas aussi simple, ils ont partis à pied. Et encore plus compliqué, ils sont partis sans argent.

A peine mariés, Mathilde et Edouard Cortès ont choisi de marcher pendant huit mois comme le faisait autrefois les pèlerins qui arpentaient la route sans le sou jusqu’à la ville sainte.

Ils racontent cette pérégrination dans un livre paru chez XO Editions : "Un chemin de promesses".

Ce ne sont pas les six mille kilomètres qui comptent dans cette longue marche mais la précarité choisie dès le départ. Mathilde et Edouard ont décidé de faire confiance aux personnes rencontrées sur leur chemin. Parti du kilomètre zéro, devant Nord-Dame de Paris, dès le soir à Villecresnes dans le Val de Marne, ils ont été accueillis par le maire et son épouse. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’hospitalité n’a pas failli en France. Une fois, même, après les avoir hébergés une soirée, une famille leur a laissé les clefs de la maison le lendemain. Trois jours après le départ, Mathilde et Edouard ont définitivement réduit en miettes leur carte bancaire.

Chaque jour, il leur a fallu improviser nourriture, hébergement. Mais rien à voir avec la vie des Sdf, insiste Mathilde Cortès…

"Ce qui nous distinguait, je pense, c’est que notre démarche était volontaire. On l’a choisie cette "pauvreté". Et surtout, c’était une pauvreté volontaire et à durée déterminée. C’est-à-dire que l’on savait qu’on lâchait, certes, notre carte bleue, mais c’était que pour un temps donné. Donc on n’avait pas cette incertitude dans une longue durée qui est celle que connaissent les personnes sans domicile fixe en France ou ailleurs qui est une précarité à long terme et pas toujours choisie."

Mathilde Cortès reconnaît que tout n’a pas été idyllique. Il y a des portes qui sont restées fermées. Dans le no man’s land entre le Monténégro et le Kosovo, ils sont restés 49 heures sans manger. Mais d’une façon générale, dans les quatorze pays traversés, les rencontres ont été riches et denses."

21 janvier 2009 dans Presse, Actualité | Lien permanent | TrackBack (0)

INVITATION CONFERENCE

INVIATION_PARIS_JERUSALEM_10_12_2008 La Société des Explorateurs Français
et la Librairie La GéoGraphie  
vous invitent à la conférence de
 
Édouard & Mathilde Cortès
Un chemin de promesses. Paris-Jérusalem, 6000 km à pied

le mercredi 10 décembre 2008 à 18h30
dans l’amphithéâtre de la Société de Géographie
184, boulevard Saint-Germain - Paris VIe
 (Entrée libre)

Projection de deux épisodes des films qui seront diffusés sur Voyage et France 5.
« Un chemin de promesses » qui vient de paraître chez XO sera dédicacé sur place.

03 décembre 2008 dans 1 Paris Jérusalem, voyage de noces, Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)

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