Durée: 7x 26 minutes
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20 février 2009 dans Films, 1 Paris Jérusalem, voyage de noces, Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Une équipe de tournage vous a-t-elle rejoint durant votre marche pour vous filmer ?
Il aurait été malvenu d’accueillir une troisième personne dans notre voyage de noces ! Nous avons nous-mêmes filmé toutes les images. Au total, 91 heures de film en 8 mois de marche. Nous avions un petit pied pour poser la caméra ou l’appareil photo. Pour les séquences où l’on nous voit à deux à l’image, la caméra était posée sur pied ou au sol et nous avons fait un aller-retour pour la récupérer. Mathilde, en riant, se plaignait d’ailleurs souvent de devoir faire ainsi des kilomètres en plus. Pour les images où on nous voit à deux, Edouard filme aussi de temps à autre en tenant la caméra à bout de bras. Nous avons également prêté parfois notre caméra, par exemple dans des familles où nous étions reçus ou bien au départ de notre périple à Notre-Dame de Paris.
Quel type de matériel avez-vous emporté ?
Une petite caméra haute définition (Canon HV20 avec des cassettes mini DV) sur laquelle nous avions ajouté un grand angle et un micro externe. Le tout pesait 800 grammes. Le matériel devait être assez petit pour que nous l’ayons en permanence dans une pochette au côté. Ainsi nous pouvions sortir la caméra très rapidement et saisir par exemple des scènes de rencontre dès leur début.
Quels sont les avantages et les contraintes de ce matériel dans une expédition légère ?
Côté avantage : faible poids et peu d’encombrement. Les contraintes sont celles de toute expédition à pied avec peu de moyens : risque de tomber en panne de batterie ou de cassettes, d’endommager le matériel. Nous avons ainsi cassé la fixation du micro en faisant tomber la caméra. On a du le scotcher au-dessus du moteur d’où un ronronnement parasite à l’enregistrement. Une autre contrainte est technique : la qualité des images du fait de la mise au point et du diaphragme non réglables en manuel n’est pas toujours excellente (basse lumière). Nous sommes cependant heureux de la qualité du résultat grâce à la haute définition avec un rendu de couleur et une définition broadcast (diffusion Voyage, France 5).
Avez-vous pris des conseils auprès de professionnels avant le départ ?
Le producteur nous a donné quelques conseils d’un point de vue de la réalisation. Au niveau du tournage, Edouard a une formation de reporter-caméraman. Il a le réflexe de sortir la caméra dans les moments cruciaux même les plus difficiles.
Comment avez-vous stocké les images ?
Pour limiter le poids, nous avons supprimé les boîtes des cassettes que nous avons mises dans une pochette étanche. Nous avions toujours entre 20 et 30 cassettes avec nous. Pour le reste, nous avions prévu quatre étapes logistiques à Mostar, Istanbul, Alep et Damas chez des amis où nous avions envoyé à l’avance des cassettes vierges et nos cartes routières. Nous leur avons laissé les cassettes filmées qu’ils ont renvoyées en France.
Comment avez-vous rechargé les batteries ?
On avait deux batteries de rechange et un chargeur. On rechargeait dès que possible lors des accueils. La batterie de notre appareil photo pouvait dépanner la caméra mais nous sommes tout de même tombé régulièrement en panne… ce qui a permis de ne pas filmer trop de disputes de couple!
Pour être tous les deux sur l’image, avez-vous fait beaucoup d’images sur pied ?
Nous avons filmé en tout 91 heures. Sur beaucoup, nous sommes à deux à l’image : on pose la caméra à terre ou sur un pied ce qui vaut un aller-retour. Mathilde ne supportait pas de tourner le dos à la direction à suivre. Jérusalem à ce rythme était deux fois plus loin !
Comment s’est opéré les choix de séquences à tourner ou non ?
Parfois de manière subjective : devant tel ou tel paysage, avec telle ou telle personne avec qui la relation se tissait bien. Mais pour montrer au mieux la réalité du voyage, nous avons voulu filmer au maximum notre quotidien : la marche, la recherche de nourriture ou d’un toit, les accueils, les refus, les disputes, les coups durs, etc. Tourner des images lors d’une expédition est une contrainte supplémentaire à celle de l’effort physique et psychologique. Certains jours, il en coûte particulièrement de sortir la caméra. Mais sans cet effort les films d’aventures n’existeraient pas !
Comment parvenir à filmer les rencontres, les gens qui vous accueillent sans que la caméra soit un obstacle à la rencontre, une intruse ?
C’est là tout l’avantage d’une si petite caméra. Elle tient dans la main et on peut facilement la porter discrètement au côté tout en discutant avec les gens et en pouvant les regarder dans les yeux comme si la caméra n’était pas là. La plupart des personnes qui nous ont accueillis ont bien accepté la caméra, s’apercevant à peine de sa présence et restant donc naturels. Bien souvent nous confions aussi la caméra à nos hôtes ou à leurs enfants pour qu’ils se l’approprient. La caméra devient alors un jeu pour tous.
Avez-vous participé au montage ? Si oui comment ? Si non pourquoi ?
Le producteur, Gédéon Programmes, a confié nos rushs à Frédéric Réau, monteur-réalisateur. Cela nous a d’abord paru difficile de confier nos images à un tiers sans savoir ce qu’il en sortirait. Nous avons travaillé en bonne collaboration avec lui en visionnant régulièrement l’avancée de son travail, rectifier si besoin, selectionner certains plans ou séquences,etc. L’œil extérieur de la productrice Carine Nonnenmacher et de Frédéric a été bénéfique pour prendre le recul que nous n’avions pas, trop remplis par l’émotion du voyage. Ce regard extérieur est indispensable.
Comment avez-vous articulé ce récit pour qu’il ne soit pas un simple journal de bord ?
Le choix des séquences tournées est une première forme de réalisation. Nous avons préféré tourner puis conserver au montage les séquences qui donnaient de l’intensité à une marche au long cours, souvent répétitive. Par exemple les rencontres ont été davantage tournées plutôt que la lenteur des pas, la vie de couple plutôt que nos histoires personnelles, la vie en pleine nature plutôt que l’univers cidatin. La limite d’un film est de n’être qu’une image.
Le résultat autant que la complexité de faire un film lors d’une aventure vous encourage t-il à renouveler l’expérience ?
L’aventure ne se filme pas, elle se vit. Un film d’aventure ne se regarde pas, il se vit. Avec ces deux maximes en poche de nombreux périples sont possibles. Nous serons du voyage !
20 février 2009 dans 1 Questions fréquentes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
1. Racontez-nous le point de départ de votre aventure.
Notre amour et un rêve. Nous voulions faire quelque chose de fort ensemble au début de notre mariage. Nous avions tous les deux déjà voyagé. Edouard avait déjà réalisé des voyages d’aventure. Mathilde avait eu des expériences humanitaires en Inde et en Afrique, dont deux ans au Cameroun. Avec ce projet, nous avons concilié nos attentes et nos désirs personnels. Un voyage de noces unique et sur mesure.
2. Décrivez-nous brièvement votre itinéraire
Des Alpes aux forêts des Balkans, des steppes d’Asie Mineure aux eaux du Jourdain, nous avons traversé quatorze pays durant ces 232 jours de voyage : France, Suisse, Italie, Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Montétégro, Serbie/Kosovo, Macédoine, Bulgarie, Turquie, Syrie, Jordanie, Israël/Territoires palestiniens.
3. Vous rendiez-vous alors compte du danger et des épreuves qui vous attendaient ?
Nous savions que ce ne serait pas toujours facile physiquement ni psychologiquement. Mais nous avions dans la préparation mis toutes les chances de notre côté. La prise de risques était à notre mesure. Ensuite, comme dans tout voyage d’aventure, l’imprévu fait partie du quotidien. C’est aussi ce qui est exaltant.
Ce voyage a été au-delà de nos espérances pour meilleur et parfois pour le pire. A pied, sans argent, sans téléphone, on est vulnérable. Tout nous atteint de manière plus forte : la pluie semble plus froide, le vent plus violent… Nous n’étions à l’abri de rien. Nous avions besoin des autres. Et ce n’est pas facile, dans une société où les rapports sont marchands, de demander du pain, de l’eau, un abri.
4. Que vouliez-vous vous prouver ?
Partir à pied, sans sécurités, sans argent, avec de petits sacs à dos, c’était une sorte de défi lancé à nous-mêmes et peut-être aussi plus inconsciemment à notre société de consommation. Nous avons choisi de nous mettre volontairement dans une situation de dénuement pour lâcher nos sécurités, faire tomber les masques, voir le monde sans préjugés et donner du sens à nos vies. Apprendre à distinguer l’être et l’avoir.
Nous avons choisi d’aller à Jérusalem, la Ville Sainte car elle avait du sens à nos yeux. Et nous l’avons fait à la manière des pèlerins du Moyen Age qui allaient à St Jacques, Rome ou Jérusalem ou comme les moines bouddhistes qui vont à Lhassa. Sans argent, cela implique qu’on s’est remis aussi à la Providence. C’est un acte de confiance. Nous croyons tous les deux en Dieu. C’est quelque chose d’important dans nos vies. Nous voulions que cette dimension spirituelle de notre personne ne soit pas mise à l’écart.
5. Comment vous y preniez-vous lorsque vous entriez dans des pays dont la langue vous était complètement inconnue ?
Les vraies difficultés de langage sont survenues dans les Balkans avec le serbo-croate. Nous n’avions pas de dictionnaire mais nous avons toujours fini par trouver une personne parlant français, anglais ou allemand qui nous donnait un lexique de base en serbo-croate, bulgare, turc, arabe avec lequel nous pouvions nous débrouiller. Notre chance a été de passer de longues périodes dans les zones linguistiques ce qui nous a permis de « progresser » assez vite : 1,5 mois dans les Balkans avec le serbo-croate, 2 mois en Turquie.
6. Si vous ne deviez retenir qu’une journée, ça serait laquelle ?
Le départ. C’est l’acte le plus difficile et en même temps le plus libérateur. C’était le 17 juin 2007 sur le parvis de Notre Dame à Paris, au kilomètre zéro, entourés de nos familles et amis.
7. Qu’une nuit ?
Chez Talip dans une famille turque au fond de l’Anatolie. Après une soirée joyeuse et animée par les rires des parents et des 4 enfants, nous avons dormi tous dans la même pièce, comme pour continuer dans le sommeil d’approfondir les liens d’amitié qui venaient de se créer.
8. Qu’une personne ?
Sami, Albanais du Kosovo de 72 ans, francophone. Il nous a accueillis chez lui en plein ramadan pour un dîner et une nuit et le lendemain nous a déclaré : « Je vous accompagne ! ». Il a marché avec nous toute la journée. 35 km dans ses chaussures vernies trop neuves qu’il a échangées avec Edouard pour finir l’étape. Le soir, il nous a conduit jusqu’à chez sa nièce à Skopje pour passer la nuit. C’est la première fois que quelqu’un marchait une journée entière avec nous pour nous conduire chez quelqu’un qui nous accueillerait le soir.
9. Qu’un repas ?
Un jour, dans la plaine du Pô en Italie, nous avons essuyé 15 refus de suite alors que nous demandions un morceau de pain. Un prêtre nous a même dit du haut de sa fenêtre « J’ai bien 5 petits pains mais si je vous les donne, ça va me manquer ». Le soir, épuisés, nous avons encore demandé du pain à une jeune femme qui fumait devant le pas de sa porte. Sans rien dire, elle est rentrée chez elle et est ressorti avec un sac : 5 petits pains et une tranche de jambon…
10. Qu’un paysage ?
La Cappadoce au cœur de la Turquie avec ses étonnantes cheminées de fée, forgées par l’érosion dans le tuf volcanique. Magique.
11. Qu’un lieu ?
Jérusalem, l’aboutissement d’un rêve.
12. Quel a été au contraire le moment le plus difficile physiquement d’une part et psychologiquement d’autre part ?
Physiquement, ce n’est pas rare que nous n’ayons rien mangé pendant 36 heures, même 49 heures une fois. Et il fallait tout de même marcher! Pour tous les deux, le plus dur n’a pas été d’avoir faim ou froid mais d’être rejetés. Pour Mathilde, un des pires souvenirs est l’agression qu’on a subie à l’entrée de la Turquie. Il lui a fallu plusieurs semaines pour retrouver courage. Pour Edouard, ce fut ces enfants en Syrie qui nous ont jetés sans raison apparente des pierres. C’était la 5ème fois en Syrie.
13. Qui a motivé l’autre dans les moments difficiles ?
Tantôt l’un, tantôt l’autre. C’est la force d’être à deux ! Rarement, nous avons été découragés tous les deux ensemble. Il y en avait toujours un pour porter l’autre.
14. En quoi partir tous les deux vous a été bénéfique ? Seul, ou accompagné de quelqu’un d’autre, vous l’auriez fait ?
C’est un projet qu’on aurait pu avoir chacun de notre côté mais il était fortement lié à la construction de notre amour, à notre histoire de couple. Edouard l’aurait peut-être fait seul... mais pas Mathilde!
15. Y-a-t-il eu des disputes entre vous ? A quel sujet ?
Des disputes, bien sûr ! Comme dans tout couple « normal » dirions-nous. Et comme pour tout le monde, souvent pour des bêtises : « tu as mal orienté ta carte ; on s’est trompé de chemin », « tu ne te lèves jamais assez tôt le matin » « tu te lèves toujours trop tôt le matin »… Avec un autre aspect qui rendait la vie de couple plus extrême : 24h sur 24 ensemble, sans échappatoire possible et ce pendant 8 mois ! D’où la nécessité qui est devenue toujours plus urgente de se pardonner, se demander pardon pour les mots dits de travers, trop vite, sous le coup de la fatigue ou de la faim. Une belle expérience pour un couple. Décapante et formatrice.
16. Quelle a été la réaction de votre entourage face à votre idée de parcourir 6000 Km à pied pour votre voyage de noces ?
Surprise, incompréhension, inquiétude, envie... Les sceptiques chuchotaient à notre départ : « Ils vont se séparer avant d’arriver », « il fallait partir avant le mariage, pour voir si le couple résiste ». Ce qui nous a fait marcher c’est de nous être engagés l’un envers l’autre. Nous avions un projet commun, celui d’atteindre Jérusalem. Ce qui nous fait progresser, c’est que nous voulons nous aimer.
17. Donniez-vous des nouvelles à votre famille et amis de temps à autre ?
Autant que possible mais pas souvent. Nous n’avions ni téléphone, ni internet. Nous parvenions à donner des nouvelles en fonction des accueils et grâce aussi à un code international de France Telecom qui ne fonctionnait malheureusement que pour un tiers du trajet. Mais nous avions prévu 4 étapes logistiques à Mostar, Istanbul, Alep et Damas chez des amis où nous avons pu donner des nouvelles. Cette rupture avec nos sécurités « affectives » était aussi un des dépouillements que nous avions choisi de vivre.
18. Le bon rythme de marche pour vous, qu'est-ce que c'est ?
Pas trop rapide pour ne pas être exténué, pas trop lent pour sentir son corps dans l’effort. L’effort participe à l’harmonie qui peut se dégager pour un pèlerin. Le bon rythme est celui qui favorise la musique intérieure de l’âme.
19. Pour vous, personnellement, quels effets la marche a-t-elle eu sur le plan physique, psychique et spirituel ?
Il est difficile de disséquer le cœur, le corps et l’âme d’un pèlerin. Ces trois dimensions sont intimement liées. La marche a le pouvoir guérisseur de les unifier.
Sur le plan physique, on sent d’abord vivre son corps dans l’effort et l’endurance. On pousse parfois ses limites physiques. Le rythme lent et naturel de la marche nous ouvre au monde qui nous entoure. On a le temps de le découvrir car, même en marchant vite, on ne va jamais plus de 6 km/h. Tous les sens sont en éveil grâce à la proximité avec la nature, la modification de la notion du temps et de l’espace. On est à l’ecoute.
Sur le plan psychique, on découvre que la force du marcheur sont sa volonté et sa persévérance. On peut pousser ses limites et expérimenter qu’il y a toujours une part de possible en l’homme. Cette meilleure connaissance de soi donne aussi confiance en soi, en ses capacités.
Sur le plan spirituel, rares et précieux sont les moments où l’on se sent en parfaite harmonie avec le ciel. Pourtant la marche ouvre le cœur à la prière. Les pas même peuvent être offerts. Le rythme de la marche favorise la méditation. Partir marcher nécessite une certaine prise de risque. On a toujours des appréhensions et des peurs sur le parcours qui s’ouvre devant nous. Pourtant au fil des jours, on apprend à lâcher prise, à faire confiance à Dieu.
20. Quand on marche des jours et des jours, y a-t-il des étapes qu'on franchit ?
Sur le plan physique, on s’aguerrit. Au fur et à mesure, les courbatures et les ampoules disparaissent et on peut faire de longues étapes sans fatigue excessive. Les sens s’affinent de plus en plus. La capacité d’émerveillement devant les paysages ou les personnes rencontrés en est plus forte.
Quand le physique va bien, on a une capacité à prendre un certain recul face à l’avancée kilométrique. La tentation du départ est en effet de compter ses pas, ses kilomètres, ses jours, ses moyennes. Elle s’estompe pour laisser place à une autre dimension du temps et de l’espace. Le soleil devient alors plus utile que la montre, le relief, les rencontres et le paysage plus importants que l’étape à accomplir.
21. Racontez-nous votre arrivée à Jérusalem, comment vous sentiez-vous à cet instant ?
A l’arrivée, c’était un sentiment de joie, très intérieur et profond. Comme une sorte de plénitude. Celle du rêve réalisé. Nous avons longtemps regardé en silence Jérusalem qui s’étendait devant nous. Il y a eu aussi un sentiment de soulagement : celui de mettre fin à notre vulnérabilité. Et puis il y a eu tout de suite le souvenir de toutes les personnes rencontrées sans qui ce chemin n’aurait pas été possible.
22. Passez-vous toutes vos vacances de cette manière ou vous appréciez également des vacances farniente : hôtel, piscine ?
Oui, cela nous arrive et nous apprécions le confort peut-être d’autant mieux que nous nous en sommes privés. Mais nous aimons surtout partir comme cela à la découverte, à l’aventure, se laisser saisir par le voyage et les personnes rencontrées de la manière la plus authentique possible.
23. Quels sont vos projets futurs ?
Des projets de famille d’abord : nous avons deux petites filles et espérons qu’il y aura d’autres enfants. Et pourquoi pas repartir un jour pour une grande aventure en famille. Il y a des projets qui ne sont pour le moment qu’à l’état de rêves…
24. Que faites-vous dans la vie ?
Edouard est journaliste, auteur et réalisateur indépendant. Mathilde est chargée de mission dans une ONG de solidarité internationale.
25. Y a-t-il Mathilde & Edouard Cortès AVANT Jérusalem, & après ? En quoi avez-vous changé et qu’avez-vous appris l’un de le l’autre ?
Quand on est deux, rien ne résiste à la route, aucun masque. Fatigues, paresses, orgueils,… c’est peine perdue de vouloir les cacher. Nous avons essayé de faire un travail de vérité sur chacun de nous et d’accepter l’autre tel qu’il est. Nous avons surtout appris que l’amour n’est pas qu’un sentiment. Nous vivons aujourd’hui d’un amour que nous voulons construire tous les jours, comme sur la route, dans les larmes ou en chantant.
Nous avons le sentiment d’avoir vécu quelque chose de très précieux dont nous ne mesurons pas encore toutes les conséquences. Nos pas ont démontré, parfois aux grands cris de nos ventres, que l’on peut vivre de peu sans être malheureux. On n’est pas que quand on possède. Nous avons aimé nous retirer pour quelques mois du prêt-à-porter et du prêt-à penser. Nous faisons désormais plus attention à notre « ligne intérieure » et nous apprécions d’autant mieux d’avoir un toit quand il pleut et une douche chaude à disposition. Si ce voyage a ébranlé nos certitudes, il a diminué nos doutes. Pas à pas, nous avons expérimenté que nous ne vivons pas seulement de pain, que nous ne sommes pas que des êtres de chair. Cette marche a réveillé en nous une musique intérieure, le chant de l’âme. Et elle nous a appris à avancer dans la vie avec plus de confiance.
Pour en savoir plus : www.enchemin.org
Livre « Un chemin de promesses » 6000 km à pied vers Jérusalem. Par Edouard et Mathilde Cortès. XO Editions.
19 février 2009 dans 1 Questions fréquentes | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
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