Partis le 19 mars dernier de la cathédrale du Puy en Velay, nous allons depuis près d’un mois sur les chemins qui mènent à Rome. Le rythme est donné par notre âne. Quatre cliquetis sonores aussi réguliers qu’un métronome. Octave a charge de notre matériel, 150 kilos. Octave a charge d’âmes car nos 3 filles voyagent dans la carriole tandis que nous allons à pied. C’est sur lui que tout repose. Enfin pas totalement, car il porte aussi sur son dos une reproduction de la Vierge Noire du Puy que nous déposerons à Rome.
Pour ce périple nous avons choisi de goûter à quelques denrées rares : le temps, la famille, la nature. En vivant de nouveau pour quelques mois à l’extérieur, nous espérons animer notre vie intérieure. Nous sommes partis en pèlerinage. Mais, ne le dites à personne, nous nous sentons en grandes vacances. Ce projet est la continuité d’un cheminement au long cours. En 1999, Edouard parcourait seul les chemins de Compostelle. En 2007, nous marchions en couple vers Jérusalem. Et maintenant Rome en famille.
Déjà 300 kilomètres parcourus, en suivant le cours des vallées et les tracés des voies romaines. Nous avons descendu l’Eyrieux à travers le Vivarais, franchi le Rhône puis remonté la Drôme. Nous longeons à peu de choses la voie romaine qui reliait Valence à Milan appelée sur cette portion voie des Alpes ou Via Domitia. Dans les jours à venir, nous remonterons la vallée de la Durance jusqu'à Briançon avant de franchir les Alpes au col de Montgenèvre. Espérons que la neige ne bloque pas l’élan de notre équidé et qu’il soit aussi vaillant que les montures de Jules César, d’Hannibal et de Napoléon qui choisirent cette voie pour fendre les Alpes. Côté italien, l’itinéraire pour Rome est entièrement balisé : 920 kilomètres sur la Via Francigena, les chemins des roumieux. Au vu de notre lenteur, il est bon que Rome soit la Ville Eternelle.
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